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L'art figuratif d'aujourd'hui dépend tragiquement du système
capitaliste mondial, organisé d'une manière impérialiste.
Maintes expressions artistiques ont perdu totalement leur statut
anthropologique essentiel: de générer librement
des «messages» esthétiques et spirituels par
lesquels l'homme s'identifie comme un être de la pensée
et de la création. L'être dont l'essence ontologique
est d'aspirer au libre choix de tous ses engagements, particulièrement
artistiques. Cette identité créative de l'homme-artiste
est aujoud'hui terriblement réduite ou déformée
par la manipulation générale, au sein du système
mondial de la production artistique. Nous tous, inclus dans ce
système, devenons corrompus par lui; nous nous sentons
impuissants devant le fait qu'il soit entretenu par un groupe
international, dont l'organisation ressemble à celle de
la maçonnerie ou de la mafia. Ce groupe a élaboré
un mécanisme de «production» du profit par
l'art, brillamment éfficace: il le réalise avec
des «valeurs» artistiques déjà établies,
consacrées et crées le plus souvent dans un passé
quelconque; mais aussi avec n'importe quel résultat obtenu
par les actions artistiques les plus nouvelles, contemporaines.
Parmis elles, et de plus en plus, les plus éfficaces «au
marché» de l'art deviennent les créations
les plus «déréglées», celles
qui, souvent, attaquent la dignité de leur «producteur»,
donc de l'artiste: ces «oeuvres d'art», étant
(au moin d'apparence) «non-conformes au bon goût»,
devraient être provocantes pour «le pouvoir»
établi (pour être, simulant, politiquement, religieusement
et éthiquement «incorrectes»). Mais en réalité
presque toute l'excentricité produite dans ce domaine est
programmée par le marché d'art, est imposée
par tous les moyens du marketing: chaque opposition, l'attaque
la plus féroce «à l'ordre établi»,
se transforme, habilement, en excitation de la «consommation»
des produits d'art. En même temps, un part important de
la création figurative courante utilise les outils et les
équipements électroniques, nécessaires avant
tout pour le maintien de la civilisation actuelle. Mais un grand
nombre d'artistes, et surtout les «distributeurs»
de leurs réalisations multimédiales, déclinent,
souvent, de prendre en considération la connaissance scientifique,
concernant la nature technologique, sémantique et philosophique
des nouveaux médias. En «oubliant» la théorie
critique, il devient beaucoup plus facile de «vendre»
comme art n'importe quels effets visuels, les résultats
d'un emploi de routine des moyens électroniques.
Plusieurs auteurs considèrent un grand part de la création
artistique courante, promulgue avec "ses" moyens, la
stratégie globale de l'oligarchie plutocratique mondiale.
Celle-ci impose son pouvoir même à l'éducation
universitaire de l'art. Ainsi, Carol Duncan souligne, entre autres:
"At the same time that modern art conquered the museum, it
also invaded the art schools and university art history departments,
the places that train high artists, high-art mediators and high-art
users. These developments, too, chronicle the growth of capitalism
and its rival sectors, personified by Morgan, the Rockefellers,
the Mellons, and now IBM, Exxon, Mobil, and other great patrons
who "give" us high art. In all of these struggles criticism
has fight not against high art but for control over it, while
those whose values it promoted struggled for control over other
aspects of society. These various struggles, each necessary to
the other, have been different sides in the same battle. For now
as in the past, high art exists largely at the will and for the
use of wealth and power - and I would add that it exists for the
most part as a means of keeping that power in place." (Carol
Duncan, "The Aesthetics of Power", 1993).
Une présentation d'un livre de Mario Perniola, «L'arte
e la sua ombra» (2000), souligne: «La domanda che
guida la sua indagine può essere formulata così:
esiste una possibilità di grandezza per l'arte attuale?
Molti ne dubitano: il mondo dell'arte sembra dominato da interessi
mercantili che riducono l'arte alla produzione e alla promozione
di opere da sfruttare economicamente. Contro questa mercificazione
si è levata la protesta dell'anti-arte la quale tuttavìa
troppo spesso misconosce con una comunicazione ludica e effìmera.
Ciononostante è all'ombra di questi due opposti attegiamenti
che (secondo Perniola; B. P.) nasce e cresce un nuovo orientamento
artistico ed estètico, caratterizzato dal riconosciomento
della difficoltà dell'arte. L'attenzione si sposta perciò
verso l'idea della cripta, che sembra bene esprimere sia la resistenza
nei confronti della banalità e dell'omologazione sia la
singolarità di un spazio che si definisce allo stesso tempo
come esterno e come interno. Sembra così che (per Perniola;
B. P.) l'opera d'arte dell'avvenire sarà criptica o non
sarà.»
Je ne suis pas disposé d'accepter «à la lettre»
les considérations de Perniola sur l'avenir de l'art, mais
il est évident que cette question se pose dans la théorie
et d'une manière souvent inquiétante. C'est le cas
aussi avec le livre de Hans Belting, «Das Ende der Kunstgeschichte»
(1995). Mais toutes les considérations tristes et justes
de Belting (sur l'impossibilité de concevoir l'art de nos
jours par les instruments de l'ancienne histoire de l'art), finissent
par nous decouvrir une structure optimistique «cachée».
Je la partage, puisque l'art peut se passer d'une histoire canonisée,
pourvu qu'il maintient agissantes ses propres structures fondamentales
et qu'il contribut, par ses propres moyens, au changement profond
de toutes les sociétés humaines actuelles, sans
exception.
Boris Petkovski
Skopje
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